Accueil arrow Nouvelles arrow Vingt ans avant Edison....

Vingt ans avant Edison....

Convertir en PDF Suggérer par mail
Écrit par FondateurRIP   
14-04-2008

Sur un fond de grésillements, une voix, lentement mais distinctement, chante en ânonnant : «Au clair de la lune, Pierrot répondit…» Une courte phrase musicale qui sera jouée en grande première, aujourd'hui, à l'université de Stanford, à San Francisco, à l'occasion de la conférence de l'Association des collections d'enregistrements sonores (ARSC), devant un aréopage de musiciens, historiens et ingénieurs du son venus du monde entier. Cette audition est due à la rencontre de deux technologies de pointe, l'une datant du XIXe siècle et l'autre du XXIe. Ce fragment de chanson a, en effet, été enregistré en 1860, près de 18 ans avant l'invention du phonographe par l'Américain Thomas Edison.

Son inscription sur un rouleau de papier enduit de noir de fumée, par l'intermédiaire d'un style fait d'une soie de sanglier, a été réalisée par un ouvrier typographe français du nom d'Édouard-Léon Scott de Martinville (1817-1879), grâce à un appareil qu'il appelait un «phonautographe» et avec lequel il travaillait depuis plusieurs années. La gravure sonore de Léon Scott nom sous lequel il a déposé sa demande de brevet , destinée plus à l'étude qu'à un auditoire, serait restée muette pour l'oreille humaine, sans la technologie de reconstruction des sons à partir d'images numériques développée par des chercheurs du Lawrence Berkeley National Laboratory (LBNL), en Californie. L'aventure de la redécouverte de la plus vieille chanson enregistrée commence en 2007 avec la création aux États-Unis, de l'association First Sounds qui s'est fixée pour but de retrouver les enregistrements sonores les plus anciens du monde et de les rendre disponibles à tous. En décembre, deux de ses membres fondateurs, David Giovannoni et Patrick Feaster, localisent à l'Institut national de la propriété industrielle, à Paris, deux enregistrements accompagnant des demandes de brevets déposés par Léon Scott en 1857 et en 1859, puis, en février 2008, ils en retrouvent d'autres, réalisés entre 1853 et 1860, et déposés auprès des archives de l'Académie des sciences de l'Institut de France. À deux reprises, armé d'un appareil très performant, David Giovannoni se rend donc à Paris et effectue des scans à très haute résolution des tracés correspondants, de l'ordre de 2 400 pixels par pouce. De retour aux États-Unis et après un traitement approprié, il communique les scans à Earl Cornell et Carl Haber, du LBNL, qui analysent l'image numérique recueillie pour en extraire l'information sonore. Leur méthode est dérivée d'une technologie développée par le laboratoire de Carl Haber, en collaboration avec la Bibliothèque nationale du Congrès américain, pour la conservation des documents audio trop abîmés ou fragiles pour être manipulés. Une petite chanson de dix secondes Dans le cas d'un disque, l'image numérique de la surface est obtenue grâce à un appareil photo électronique. Pour les chercheurs, cette image représente une sorte de modèle de la surface mécanique du disque et, en particulier, des inscriptions gravées dans les sillons. Ils utilisent cette information pour simuler, avec un programme informatique, le mouvement d'une pointe de lecture virtuelle le long des sillons. Par le calcul du mouvement de la pointe de lecture virtuelle sur l'ensemble de la carte, la totalité du contenu sonore du support est reproduit. Les méthodes d'analyse d'images utilisées permettent de corriger, si nécessaire, les défauts du son dus aux rayures ou à l'usure. Dans le cas du traitement du «phonautogramme» de Léon Scott, qui apparaît comme une ligne sinueuse blanche sur une bande de papier noir, les chercheurs ont rencontré des problèmes liés à la qualité inférieure d'un document qui n'avait pas été réalisé pour être «joué». Néanmoins, après quelques corrections et manipulations, est née, 148 ans après son enregistrement, une petite chanson de dix secondes dont l'écoute aurait ravi son créateur, tout en redonnant à son travail une place dans l'histoire, pour laquelle il se battait. Ayant appris l'invention du phonographe par Thomas Edison et voulant faire valoir sa propre contribution, n'a-t-il pas écrit en 1878, dans l'introduction de son dernier livre : «Je ne demande pour mes efforts qu'une seule récompense (…) de ne pas oublier de prononcer mon nom dans cette affaire…» Voilà qui est fait. source:le figaro

Les premiers enregistrements audio
par lefigaro

Recommandez (39) | Citez cet article sur votre site | Pages vues: 7066

  Commentaires (1)
Flux RSS des commentaires
 1 Ecrit par Stokenhausen, le 17-10-2009 21:57
C'est incroyable!!! Je me mets à la place des gens du milieu du 19ème! Ce devait être quelquechose de reechercher à graver des sons à cette époque. 
Certains contemporains devaient prendre ces précuesseurs pour des fous ou des sorciers. 
Une fois de plus tout est relatif.

Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent laisser un commentaire.
SVP, connectez vous ou enregistrez vous.

Powered by AkoComment Tweaked Special Edition v.1.4.5

 
< Précédent   Suivant >

Articles similaires

Identification






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous

Diaporama

Get the Flash Player to see this player.
Flash Image Rotator Module by Joomlashack.
Image 1 Title
Image 2 Title
Image 3 Title
Image 4 Title
Image 5 Title

Contenu par catégorie

Nos partenaires

Advertisement

Advertisement

Advertisement

Advertisement

Advertisement

Advertisement

Advertisement

Advertisement

Advertisement

Entrer le montant: